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Brest métropole océane a fait le choix de soumettre les noms de stations de la 1ère ligne de tramway au vote des habitants par internet. Ce vote a eu lieu du 7 mai au 5 juin 2011 et a comptabilisé 176 840 votes pour 14 026 sessions et 9954 adresses IP différentes.

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Technopôle

Porte de Plouzané

Voilà une porte qui mène plein ouest et ouvre vers le large. À Plouzané, au lieu-dit la Croix-Marie, se trouvait autrefois la 7e station du tramway qui reliait depuis 1903 Brest au Conquet : arrêt très prisé puisqu’il permettait d’accéder aux plages, ces destinations heureuses du dimanche pour un grand nombre de Brestois. Jusqu’en 1960, Plouzané était une commune essentiellement rurale de 2 000 habitants. En 1990, elle en comptait
12 000. Un développement remarquable dû à l’installation toute proche, en 1963, de Thomson CSF (aujourd’hui Thalès) sur la zone de Kersteria. Deux ans plus tard, le groupe industriel emploiera plus de 1 000 personnes. À cette implantation s’ajoute, en 1971 sur le site de la pointe du Diable, celle du Centre océanologique de Bretagne (COB) qui deviendra le CNEXO, puis Ifremer en 1984. Et à la fin des années quatre-vingt, la création du Technopôle Brest-Iroise vient consacrer la place prépondérante qu’occupe désormais le site dans le domaine de la recherche et de l’industrie. Aujourd’hui, 3 600 personnes y travaillent, le Technopôle fédère un réseau de 200 structures représentant le monde de l’entreprise, de l’enseignement supérieur, de la recherche et des collectivités.


Montbarey

Fort Montbarey

La construction du fort Montbarey, entreprise en 1777, s’inscrit dans le grand dessein formé par Louis XVI d’établir une ligne de défense érigée à l’ouest de Brest et constituée de cinq forts détachés (Montbarey, Keranroux, Questel, Sainte-Anne-du-Portzic et Penfeld) afin de rendre la ville imprenable. Nous sommes alors en pleine Guerre d’indépendance américaine, et la flotte anglaise menace les escadres françaises qui partent de Brest soutenir les insurgés en leur apportant renforts de troupes et de matériel. Réciprocité de l’Histoire, ce sont les Américains qui, en 1944, libéreront Montbarey occupé par une garnison allemande. Depuis 1984, le fort est ouvert au public et abrite le Mémorial finistérien de la Seconde Guerre mondiale.


Panier Fleuri

Keranroux

La présence d’un ancien manoir à Keranroux n’aura laissé que peu de traces. Il en va tout autrement du fort construit au XVIIIe siècle à cet endroit. L’ouvrage est érigé, en même temps que quatre autres, au nord-ouest de Recouvrance pour parer aux attaques anglaises durant la Guerre d’indépendance américaine et servira de casernement jusqu’en 1914. Le fort de Keranroux occupe encore une place particulière dans la mémoire de certains Brestois : avant la Seconde Guerre, il était devenu le terrain de jeux préféré des enfants du quartier, autour s’épanouissaient des jardins ouvriers. Et c’est curieusement cette utilisation ludique et pacifique qui prévaut aujourd’hui : presque détruit en 1944, le fort a été rasé, une aire de jeux est désormais installée sur le site. Les bâtiments d’une école ont même poussé sur les blockhaus construits par les Allemands. Un joli pied de nez à la guerre...


Valy-Hir

Vali Hir *

La rue du Valy Hir (du breton vali : voie, allée arborée, et hir : long) qui traversait de part en part la commune de Saint-Pierre, est longtemps restée pour les Brestois, la route du Valy Hir. Un attachement né de l’habitude, que Gérard Cissé, écrivain journaliste, illustre d’une amusante anecdote. Il raconte ainsi l’obstination dont firent preuve les habitants du quartier, quand en 1975, ils emménagèrent dans une impasse récemment créée où deux barres venaient d’être construites. Ces immeubles étant situés au carrefour des rues Valy Hir et Émile Rousse, les nouveaux occupants déclarèrent aux différentes administrations être domiciliés route du Valy Hir. Mais en 1976, le Conseil municipal décide de baptiser enfin l’impasse laissée jusque-là sans nom : le choix se porte sur celui de l’Amiral Duburquois, entraînant le mécontentement des habitants auxquels l’Administration apporte son soutien. Ils obtiendront gain de cause : l’impasse sera débaptisée et s’appellera Valy Hir.

* orthographe bretonne


Coat Tan

Coat Tan

Si le premier terme du nom Coat Tan fait l’unanimité (coat en breton : bois en français), le second est sujet à controverse. Pour les uns, tan ou tann voulant dire chêne rouvre, le nom se rapporterait à une ancienne forêt dont le bois était utilisé par la construction navale. Pour les autres, tan - signifiant feu ou brûlé - ferait allusion à la présence d’une activité charbonnière. Pour de nombreux Brestois, Coat Tan, comme d’autres lieux-dits alentours, évoque davantage le souvenir de prairies, de champs cultivés et de troupeaux de vaches laitières : la commune de Saint-Pierre est en effet longtemps restée un territoire agricole et comptait encore une soixantaine de fermes à la fin des années cinquante.


Roscanvel

Polygone

Modulaire et multi-fonctionnelle, conçue pour intégrer les exigences de développement durable, cette future salle polyvalente sera à la pointe des dernières innovations techniques et architecturales. Dans ce lieu unique à vocations multiples alterneront chaque année une quarantaine d’événements sportifs et autant de manifestations culturelles. La salle pourra en effet se transformer à la demande et s’adapter aux nécessités des spectacles qui s’y déroulent. Version concert par exemple, elle sera pourvue d’une grande scène mobile et accueillera jusqu’à 5 500 spectateurs assis et debout. Version rencontre sportive, gradins mobiles et tribunes démontables porteront sa capacité à 5 700 personnes assises. Construit sur l’actuel site du Polygone, ce magnifique équipement “deux en un” ouvrira ses portes en 2014.

* Nom de la future grande salle


Dupuy de Lôme

Dupuy de Lôme

Brest, qui a bâti sa renommée sur la construction navale, ne pouvait que rendre hommage à Stanislas-Henri Dupuy de Lôme. Une rue et un lycée portent le nom de cet ingénieur du génie maritime, né à Ploemeur en 1816. Il révolutionna l’architecture navale en concevant les plans du Napoléon, premier vaisseau de ligne à grande vitesse, lancé en 1850. La Marine française lui doit également son premier cuirassé de guerre océanique (La Gloire) ainsi que son premier sous-marin opérationnel (Le Gymnote). Le souvenir de l’ingénieur se perpétue aujourd’hui à travers les mers du globe : le Dupuy-de-Lôme, navire espion intégré depuis 2006 dans la Force d’action navale, patrouille en Méditerranée, dans le golfe arabo-persique et le long des côtes de l’Afrique occidentale, en quête de renseignements d’origine électronique. Brest est son port d’attache.


Capucins

Les Capucins

En trois cents ans, le plateau des Capucins aura changé plusieurs fois de vocation. Et de façon vraiment radicale : monastique au début, militaire ensuite, puis industrielle, et aujourd’hui civile. Tout commence par la fondation d’un couvent de capucins, à la fin du XVIIe siècle, qui donne son nom au site établi sur la rive droite et les hauteurs de la Penfeld. Les moines y resteront jusqu’à la Révolution. L’endroit tombera peu après dans le giron de la Marine, qui voit là l’occasion d’étendre son emprise. Le plateau entame alors sa seconde vie : les bâtiments du couvent sont transformés en caserne où logent les apprentis canonniers. Mais à partir de 1840, avec le passage du bois au fer dans la construction des bateaux, les Capucins changent encore d’affectation. On y élève d’immenses ateliers destinés à accueillir chaudronnerie, fonderie, machines… et toutes les innovations techniques de la Révolution industrielle en marche. Il aura fallu auparavant se lancer dans un travail de titan pour adapter le site à sa nouvelle fonction : le creusement de la roche, notamment, sera effectué par les bagnards de Brest. Bien qu’endommagés par les bombardements de 1944, les ateliers reprennent du service à la Libération. L’âge d’or des chantiers navals à Brest touche cependant progressivement à sa fin. L’année 2003 sonnera le glas des Capucins, DCNS choisissant de quitter définitivement le site pour recentrer ses activités sur Lanninon. Cet espace de 16 hectares, témoin majeur de l’histoire industrielle, ouvrière et maritime de Brest, s’apprête aujourd’hui à faire son entrée dans la vie civile : le nouvel éco-quartier qui y sera créé prendra place au cœur même de la cité.


Saint-Exupéry

Saint-Exupéry

Antoine de Saint-Exupéry, qui fut écrivain, pilote de ligne, grand voyageur, aviateur de reconnaissance en 1940 puis pilote de l’aviation alliée à partir de 1942, a disparu le 31 juillet 1944 lors d’un vol au-dessus de la Méditerranée. En 1929, il avait séjourné à Brest pour participer à un stage de formation et suivre un cours supérieur de navigation aérienne. Le premier nom qui vient à l’esprit quand on évoque Saint-Exupéry, est Le petit prince. Il faut dire que ce conte poétique et philosophique, publié en 1943, fut et est encore un véritable phénomène de l’édition : plus de 300 millions d’exemplaires livres, DVD, CD audio vendus à travers le monde, traduits dans plus de 200 langues et dialectes…


Prat Lédan

Mac Orlan

Il aimait l’atmosphère des villes portuaires où il savait pouvoir trouver "l’étrange" et "l’exotisme". Et il aimait Brest, ses rues "où le vent s’engouffre comme dans un tuyau d’orgue", sa “gare de fin de terre”, et particulièrement l’ambiance de son port de commerce. Pierre Dumarchey (1882-1970) qui avait choisi de s’appeler Mac Orlan (en souvenir d’une grand-mère écossaise sans doute inventée), journaliste, poète, romancier, essayiste et parolier, a fait de Brest le théâtre d’une chanson, Fanny de Laninon, d’une nouvelle, Port d’eaux mortes, d’un roman, L’ancre de miséricorde, et le sujet d’un beau livre nostalgique intitulé tout simplement... Brest. La ville a choisi de l’honorer en donnant son nom à l’ancien cinéma d’art et essai de Recouvrance reconverti récemment en salle de spectacle dédiée à la danse, à la musique et au théâtre.


Recouvrance

Recouvrance

Au XIVe siècle, ce n’est encore qu’un modeste village de pêcheurs regroupé autour d’une chapelle dédiée à sainte Catherine. Celle-ci sera bientôt supplantée par Notre-Dame de Recouvrance, fondée en 1410 sur les quais de la Penfeld, où l’on venait prier pour la recouvrance des marins partis en mer et qui donnera plus tard son nom au bourg. Puis vient le temps de l’expansion, avec la construction d’un ouvrage fortifié (l’actuelle tour Tanguy) et le développement d’un port marchand. Recouvrance s’étoffe et se peuple, dépassant en nombre d’habitants sa petite voisine d’en face, Brest. Il suffira cependant à cette dernière d’obtenir en 1593 le statut de ville, pour que le destin des deux localités soit scellé : Brest, devenu port de guerre par la volonté royale, “absorbe” Recouvrance en 1681, et l’édification d’une ceinture commune de remparts, à la toute fin du XVIIe siècle, concrétise leur union. Recouvrance gardera pourtant longtemps son individualité, ce caractère populaire et marin que Mac Orlan a immortalisé, cet esprit Ti Zef’, gouailleur et un peu querelleur, qui ne se rencontre nulle part ailleurs. La construction du pont Impérial, achevée en 1861, abolit définitivement la frontière que constituait depuis toujours la Penfeld. Oubliés, les dangers de la traversée en barque ou en chaland : on passe désormais facilement (et gratuitement) d’une rive à l’autre. C’est le début d’une nouvelle ère, qui voit les Recouvrançais profiter sans contraintes des services que propose la ville.


Français Libres

Château

Sa lourde silhouette rassurante veille depuis dix-sept siècles sur la ville et sur l’embouchure de la Penfeld. Une longévité peu commune, une exception historique même: le château de Brest est “indestructible”. Les Romains les premiers, surent tirer parti de ce haut promontoire dominant une rade hospitalière : ils y implantèrent un ouvrage militaire dont un morceau de rempart est encore visible aujourd’hui. La citadelle connaîtra ensuite les heurs et malheurs des places fortes convoitées, mais sans jamais tomber… ou presque : une seule fois, durant la Guerre de succession de Bretagne. C’était en 1341. Fortifié par Vauban, pourvu de casernes, il servira de prison pendant la Révolution, et passera aux Monuments historiques en 1923. Le château de Brest a mené malgré lui son dernier combat - il n’était pas une cible stratégique - en 1944, lors des bombardements aériens qui l’ébranleront sans détruire ses murailles. Dans son enceinte, à la place des casernes rasées, sera édifiée la nouvelle Préfecture maritime.


Siam

Siam

Que serait Brest sans la rue de Siam ? Arpentée par Mac Orlan et bien d’autres, chantée par Prévert, Siam d’avant-guerre n’était pourtant pas l’artère principale de la ville : étroite, encombrée, lieu d’une intense circulation, elle était cependant la rue la plus animée et déjà la plus chère au cœur des Brestois. Celle qui s’appelait à l’origine rue Saint-Pierre, doit son nom exotique au passage remarqué d’une délégation siamoise accueillie en grande pompe le 18 juin 1686 par deux envoyés de Louis XIV et saluée par soixante volées de canons. Si le séjour des ambassadeurs fut bref - ils repartirent presque aussitôt pour Versailles - celui de leurs domestiques se prolongea jusqu’en février 1687. Leur présence impressionna si fort les habitants qu’ils prirent peu à peu l’habitude de nommer Siam la rue qui avait hébergé des hôtes aussi extraordinaires.


Liberté

Liberté

Longtemps, les Brestois l’ont appelée Les Glacis. Longtemps, elle est restée une vaste esplanade de terre, un espace frontière en bordure de ville close où, pour les besoins des militaires qui l’utilisaient comme champ de manœuvre, seules les bicoques en bois facilement démontables pouvaient s’implanter. Avant-guerre, la place de la Liberté était le lieu de tous les rendez-vous. Entourée d’auberges et d’estaminets, elle accueillait deux fois par semaine un grand marché, et selon les saisons, fêtes foraines, foires aux puces, concours hippiques… Un théâtre provisoire fait de planches et ressemblant à un immense hangar, y avait pris ses quartiers en 1919, après l’incendie du Théâtre de Brest situé rue d’Aiguillon. À la Libération, on y construit dans l’urgence une cité commerciale en baraques, et il faudra attendre les années soixante pour qu’elle apparaisse sous son jour actuel. Bordée d’immeubles à parements de granit, la place de la Liberté sera désormais le cœur véritable de la ville.


Coat-ar-Gueven

Jean Jaurès

Pas une ville de France qui n’ait une rue, une avenue, un boulevard ou une place portant le nom du grand homme… Jean Jaurès est certainement l’une des figures les plus populaires et les plus unanimement respectées de l’histoire de la République. Chacun garde en mémoire l’image, piochée dans les manuels scolaires, de ce personnage massif, à la barbe fournie et carrée, haranguant les foules du haut d’une tribune. Né en 1859 à Castres, professeur de philosophie, journaliste, député du Tarn, Jaurès embrasse la cause ouvrière en 1892 lorsqu’il soutient activement la grève des mineurs de Carmaux et adhère en 1893 au Parti ouvrier français. Lorsqu’éclate l’Affaire Dreyfus, il mène une campagne retentissante pour la libération du condamné innocent. Leader du socialisme français, fondateur du journal L’Humanité, il mène tous les grands combats parlementaires de la gauche. Internationaliste, pacifiste convaincu, il milite contre l’impérialisme français alors que partout en Europe s’exacerbent les nationalismes. Il est assassiné le 31 juillet 1914 par un militant d’extrême droite. L’annonce de sa mort fut peut-être d’autant plus brutalement ressentie par les Brestois que Jaurès avait, à deux reprises, arpenté le pavé de la ville. Le 3 avril 1900, à l’occasion de la première manifestation de la fédération socialiste de Bretagne, il avait animé une grande réunion publique à la fameuse salle de Venise, devant près de 2000 personnes, ouvrant ainsi la voie à la création du premier syndicat des travailleurs réunis de l’arsenal. Il était revenu en novembre 1909, prononcer un discours dans la même salle. Brest sera la première ville de France à honorer sa mémoire : le 25 août 1914, à peine plus de trois semaines après sa disparition, le Conseil municipal débaptisait la rue de Paris pour lui donner le nom de Jean Jaurès.


Saint-Martin

Saint-Martin

Des champs, des fermes isolées, quelques secteurs urbanisés et trois écoles toutes neuves… Voilà à quoi ressemblait le quartier de Saint-Martin qui s’appelait alors Bel Air - jusqu’au mitan du XIXe siècle, quand il appartenait encore à la commune de Lambézellec. Brest, qui étouffait à l’intérieur de ses remparts trop étroits, annexe en 1861 cette vaste portion de territoire, moyennant quelques dédommagements financiers. Le quartier se développe rapidement. Très vite également se pose le problème du lieu de culte : la construction d’une église est décidée. Qui sait encore aujourd’hui que le nom qui lui fut attribué - Martin - ne faisait nullement référence au célèbre saint tourangeau, mais bien plutôt au second prénom du maire de Brest, Hyacinthe-Martin Bizet, qui à l’époque avait activement œuvré à la création de la paroisse ? Clin d’oeil ironique de l’Histoire que soulignait un chroniqueur : “À quelques années de la séparation de l’Eglise et de l’État, un lieu de culte porte le nom d’un maire républicain”.


Octroi

Octroi

Brest comptait autrefois cinq bureaux d’octroi où était perçue la redevance frappant les marchandises qui entraient dans la ville. Ces bureaux furent situés d’abord aux portes mêmes de la cité puis, à mesure que celle-ci se développait, aux frontières de la commune. Il y avait ainsi les bureaux de la porte du Conquet, de Poullic-al-Lor, de la rue Portzmoguer et du port de commerce, et enfin celui de la rue de Paris, actuelle rue Jean-Jaurès. Ce dernier, installé à l’origine près des remparts, témoignait de l’extension de Brest après l’annexion d’une partie du territoire de Lambézellec en 1861 : la “maison de l’octroi”, sise à l’angle des rues Kerfautras et Jean-Jaurès et aujourd’hui remplacée par un tout petit square, aura marqué jusqu’en 1944 la limite entre les deux communes. Jean Le Goualch, écrivain cinéaste, raconte que certaines ménagères brestoises, préférant faire leur marché au Pilier Rouge pour acheter des denrées non taxées, repassaient la barrière douanière avec leurs provisions cachées sous leurs amples jupes : elles n’avaient ainsi rien à déclarer.


Pilier Rouge

Pilier Rouge

C’est à la présence d’une grosse pierre peinte en rouge, toujours située dans le haut de la rue Jean-Jaurès, que le quartier doit son nom. Ce “pilier” servait à délimiter le périmètre octroyé aux soldats et aux marins qui partaient en goguette hors des fortifications. D’autres pierres, disposées à différents endroits autour de la ville close, formaient ainsi une ceinture où les militaires pouvaient circuler sans être munis d’une permission. Le quartier, qui avait commencé à se développer au milieu du XIXe siècle, avec le percement des rues du Télégraphe, de Solférino et de Sébastopol, s’urbanisera véritablement après son annexion par Brest, en 1861. L’ancêtre du groupe scolaire du Pilier Rouge est construit à ce moment-là - à cette époque, on employait plutôt le terme de grande école communale. Comportant un internat et un externat, l’établissement fut dirigé à partir de 1864 par les Frères de l’école chrétienne, et affichait des ambitions départementales. En 1878, l’école devient laïque et républicaine. Elle sera réquisitionnée de 1941 à 1944 par les Allemands qui s’installent dans la partie réservée aux garçons. Les instituteurs continuent pourtant à enseigner tout à côté, dans la partie normalement dévolue aux filles, et s’opposent à leur façon à la présence de l’occupant : les chants qui résonnent dans la salle de classe, bien loin d’être des hymnes à la gloire du régime de Vichy, ont pour noms Marseillaise et Chant du départ.


Strasbourg

Place de Strasbourg

La place de Strasbourg fut pendant longtemps la véritable entrée de Brest, la porte ouverte sur le reste du pays, cap sur Paris et tout au bout de la route, Strasbourg destination ultime expliquant peut-être le choix de ce nom. Haut lieu de la vie sportive brestoise, la place a vu le départ de nombreuses courses cyclistes et accueilli, de 1912 à 1921, le stade de foot de la célèbre ASB. Transformée en parking pour véhicules blindés par les Américains durant la Première Guerre, elle ne s’est réellement urbanisée qu’au moment de la Reconstruction, avec l’édification d’immeubles sans affectation immédiate (ISAI) destinés à reloger les habitants qui ne trouvaient pas de place dans le centre de Brest. Les urbanistes de l’époque, anticipant sans doute l’augmentation du trafic automobile, l’ont conçue comme un important carrefour routier : la “véritable entrée de Brest”.


Ménez Paul

Ménez Paul

Le nom de Ménez Paul - montagne de Paul en français - est indissolublement lié à l’histoire de la célèbre ASB (Association Sportive Brestoise) qui vient de fêter gaillardement ses 111 ans d’existence. L’association, dont le terrain du Petit-Paris s’était trouvé occupé durant la Première Guerre et même au-delà, par les Américains, attendait la construction d’un nouveau stade. Ce sera chose faite en 1933, au lieu-dit Ménez Paul. L’équipe de foot amateurs de l’ASB enchaîne alors les performances, raflant quatre titres de champions de l’Ouest en 1934-1935, et réalisant l’année suivante de véritables exploits en Coupe de France. La guerre interrompt ce bel élan : en 1944, le stade est bombardé, le terrain et les tribunes sont sérieusement endommagés. Reconstruit, pouvant accueillir 2 000 spectateurs, il héberge aujourd’hui deux équipes résidentes : celle de l’ASB, son hôte historique, et celle du Stade brestois 29 “B”.


Pontanézen

Europe

Si par tradition Brest porte son regard vers la mer et se dresse telle la figure de proue du continent européen, la ville ne tourne pas pour autant le dos à l’Europe. Le Comité de jumelage, né en 1979, est là pour en témoigner, Brest ayant noué d’étroites relations d’amitié et d’échanges avec l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Roumanie. Dans le domaine de la recherche et de l’enseignement supérieur, Ifremer, le Cedre et l’Université participent activement à des programmes européens. Brest est également à l’origine de la création en 1992 de la Conférence permanente des villes portuaires européennes. Un réseau qui rassemble des villes maritimes aux profils socio-économiques comparables et qui constitue un outil de réflexion et de partage d’expériences au service du développement territorial.


Europe

Pontanézen

Avant la Première Guerre mondiale, existait dans la campagne de Pontanézen une vieille caserne napoléonienne dont les bâtiments vétustes servaient d’hôpital et de prison. L’édifice reprit du service en 1914 pour accueillir les conscrits. Mais lorsqu’en 1917 les Américains s’engagent dans le conflit, la caserne et ses abords leur sont cédés. Se met alors en place un immense camp militaire qui verra passer en deux ans et demi, près d’un million de soldats Yankees. Jusque dans les années soixante-dix qui virent la construction de ses premières tours, Pontanézen affichait toujours un petit air de campagne : certains Brestois se souviennent encore des champs bordés de talus, d’une prairie avec un lavoir, et des jardins partagés. Aujourd’hui, le quartier de “Ponta” fait l’objet d’une opération de renouvellement urbain de grande ampleur.


Verny

Mesmerrien

Jusqu’en 1917, Mesmerrien était un paisible village situé sur la route qui reliait Brest à Gouesnou. Sa proximité avec la caserne de Pontanézen allait être la cause d’un extraordinaire bouleversement, voire d’un véritable choc culturel. En effet, lorsque les Américains, qui viennent de s’engager dans le premier conflit mondial, arrivent à Brest, ils sont logés aux abords de la caserne. Le chiffre de 42 000 hommes débarqués en vingt-quatre heures permet de mesurer l’ampleur des besoins logistiques auxquels il faut soudain faire face. Installation de tentes, puis construction de baraquements : avec une rapidité incroyable, un gigantesque camp se met en place, englobant Mesmerrien qui en devient le centre. Pendant près de trois ans, le village va vivre à l’heure américaine. À tel point que de nombreux Brestois affirment encore aujourd’hui que c’est à Mesmerrien, et nulle part ailleurs, qu’est né le jazz en France.


Hermitage

Kergaradec

Au début des années soixante, des espaces d’un genre entièrement nouveau apparaissent en périphérie des villes : les zones industrielles. La première implantée sur Brest sera celle de Kergonan. La création de la zone de Kergaradec, en 1971, vient confirmer ce type de développement. Située sur 300 hectares aux limites des communes de Brest, Gouesnou et Guipavas, stratégiquement placée à proximité de la voie express et de l’aéroport, Kergaradec est alors conçue comme une “zone pilote” : l’urbanisation y sera cohérente, on y trouvera des espaces verts et des équipements collectifs - crèches, restaurants d’entreprise, etc. - elle sera un lieu de travail et un lieu de vie. Classée comme zone commerciale, Kergaradec devient en quelques années la plus importante et la plus attractive du Finistère, avec près de 70 grandes enseignes installées sur le site.


Kergaradec

Porte de Gouesnou

Gouesnou, qui conjugue développement récent et riche patrimoine historique, peut se prévaloir d’être la plus “jeune” commune de Brest métropole océane, avec une population de 6 200 habitants composée essentiellement d’actifs avec enfants. Jeune… et dynamique, puisqu’elle bénéficie de la présence sur son territoire d’une partie de la zone industrielle et commerciale de Kergaradec. Gouesnou parvient cependant à concilier urbanisation croissante et préservation des espaces naturels : la Penfeld, qui traverse la commune et n’est encore à cet endroit qu’une modeste rivière, serpente au fond d’une vallée bordée de prairies et de bois. Il suffit de suivre le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait Gouesnou à Lambézellec pour redécouvrir talus, feuillus, herbes tendres, et même de belles Armoricaines paissant dans les prés. Car cette longue coulée verte est depuis une dizaine d’années l’objet des soins attentifs du service Espaces naturels et aménagement de l’agglomération. Prairies régulièrement fauchées et pâturées, débroussaillage des zones humides transformées en saulaies parfois inextricables… tout est fait pour permettre le retour de la biodiversité.


Kerlaurent

Eau Blanche

En traversant le rond-point et la rue de l’Eau Blanche, situés dans la zone d’activités industrielles et commerciales de Kergonan, qui pourrait se douter aujourd’hui qu’à cet endroit se cache une source ? Le ruisseau auquel elle donne naissance dessinait autrefois la frontière entre les communes de Saint-Marc et de Guipavas : le Dourguen (de dour en breton, signifiant ruisseau, et gwen, blanche) a donc donné son nom au quartier qui en a conservé le souvenir francisé. D’anciennes cartes topographiques restituent le tracé du Dourguen. On le voit traverser des étendues vierges de toute urbanisation, hormis quelques hameaux, pour aller ensuite se jeter dans le vallon du Stang Alar. Là, poursuivant sa course, il aurait alimenté plusieurs moulins de tanneurs avant de rejoindre la rade. Le dernier moulin placé sur sa route aurait quant à lui été détruit vers 1860 afin de laisser passer la voie de chemin de fer. Le cours du Dourguen fut également utilisé par la Compagnie des eaux pour tenter de résoudre les problèmes récurrents d’alimentation en eau de la ville de Brest : une station de pompage et d’épuration fut installée en 1873 sur le site de l’actuel conservatoire botanique. Elle cessera son activité en 1923, passant le relais à l’usine de Pont ar Bled de Landerneau qui assure depuis lors une grande partie des besoins en eau de la région brestoise. Le Dourguen serpente désormais sans entrave au creux du vallon réaménagé en lieu de promenade, son eau blanche irriguant au passage les magnifiques bambouseraies du jardin botanique.


Froutven

Porte de Guipavas

Guipavas était jusque dans les années cinquante une commune essentiellement rurale. Un important changement s’opère avec l’arrivée massive de nouveaux résidents, en majorité des ouvriers de la pyrotechnie Saint-Nicolas et de l’arsenal. En 1962, la commune compte déjà plus de 6 500 habitants. Une croissance urbaine qui va s’accélérer au début des années soixante-dix, avec la création des zones d’activités de Kergaradec. En 2007, la commune accueille près de 13 900 habitants, devenant ainsi le second territoire le plus peuplé de Brest métropole océane. Le nom de Guipavas est aujourd’hui indissociable du transport aérien long et moyen courrier : en 1992 en effet, l’aéroport de Brest-Guipavas obtient le statut d’aéroport international, le plus important du Grand ouest après celui de Nantes. Que de chemin parcouru depuis les premiers atterrissages de ballons dirigeables sur le site ! Nous étions alors en 1916, et le lieu avait été choisi par la Marine pour servir de centre d’aérostation. Suivront l’organisation de meetings aériens, la naissance de l’Aéroclub du Finistère, l’achat des premiers avions… En 1937, l’aérodrome de Brest-Guipavas est ouvert à la circulation aérienne publique. L’année 1961 verra la création des lignes régulières au départ de Brest. Avec l’inauguration en 2007 de la nouvelle aérogare, magnifique architecture évoquant la forme d’une raie manta, l’aéroport de Brest-Guipavas qui porte désormais le nom de Brest-Bretagne, déploie définitivement ses ailes. La porte de Guipavas est bien celle qui ouvre sur le monde.

« Dévoilement des résultats

Brest métropole océane a fait le choix de soumettre les noms de stations de la 1ère ligne de tramway au vote des habitants par internet. Ce vote a eu lieu du 7 mai au 5 juin 2011 et a comptabilisé 176 840 votes pour 14 026 sessions et 9954 adresses IP différentes.

18 stations étaient soumises au vote avec 40 propositions de noms. Les 9 autres étaient déjà choisies (têtes de ligne et certains points emblématiques de l’agglomération).

176 840 votes est un score qui témoigne l’importance accordée aux stations de tramway par les habitants. Le débat, sur ces noms évocateurs, montre l’intérêt des internautes pour un paysage nouveau et une agglomération renouvelée grâce à l’arrivée du tramway.

Brest métropole océane remercie l’ensemble des internautes qui ont participé. »